Le trail part de la Foully pour rejoindre Verbier, 52km plus loin. Le parcours emprunte 3 grosses bosses (1400m D+ chacune).
Les organisateurs prévoyaient le vainqueurs en 7h. J'évaluais donc mon parcours de 8h30 à 9h d'effort !!!
Ce trail a suscité beaucoup d'interrogations de ma part : Quelles sensations, Combien de temps ? Mes nouvelles chaussures de trail vont-elles s'adapter à mes pieds ? Quelle quantités de ravitaillement prendre ? Sous quelle forme ? Gourdes à l'avant ou poche d'eau ? Bref la parfaite inconnue pour moi et dans quelle galère je me lance...
Après 90 minutes, j'atteint le premier sommet qui culmine à 2750m. Il est recouvert de neige et son passage est difficile car glissant. On redescend de l'autre côté en se laissant glisser sur le manteau blanc.
Je crains les descentes car j'ai peur de me blesser... Je me fais souvent reprendre par des concurrents plus à l'aise que moi. C'est donc, après 2h40, que j'arrive à Liddes (km 22) au premier gros ravito. Je remplis mes gourdes, mange du salé et du sucré.
Je repars à l'assaut de la deuxième difficulté et c'est avec plaisir que j'aperçois Samuel et ses amis dans cette montée. Il va me ravitailler en fromage et décide sur un coup de tête de finir les 27 derniers kilomètres avec moi. La montée est encore longue et la pluie tombe fort avant l'arrivée su sommet.
Une fois en haut, je remplis mes gourdes avant d'attaquer la deuxième descente rendue glissante par l'orage. Dans cette partie technique, je suis dérangé par mes deux gourdes qui tapent sans arrêt mes côtes. Je les vide à moitié pour alléger les coups. Sur la fin de cette descente interminable, je m'encouble sur un rocher et fais une chute sur qujelques mètres sans trop de gravité. Je continue de descendre sur Lourthier que j'atteins après 5h50 de course...
Les amis de Samuel m'avais parlé de la troisième bosse comme étant terrible. « D'accord, d'accord » je leur ai répondu avant le départ !
Cette montée était juste affreuse... méchante... exigeante... pentue... et surtout interminable... Elle mesurait 5km pour 1400 mètres de D+ sans aucune partie de répit. J'ai juré des dizaines de fois... Mes jambes tremblaient lorsque je m'arrêtais pour souffler et lorsque j'essayais de profiter du panorama...
A ce moment, je me suis dit et à Samuel aussi. « Qu'est-ce que tu vas foutre à la Réunion pour juste le double de dénivelé positif et le triple de distance ! »
J'aperçois un photographe et il me dit que le sommet est juste là. Heureux... j'avance sur mes pas et me sens galvanisé par ses paroles. Mais 40 minutes plus tard, je grimpe toujours et j'aperçois la tente de pointage... Merci pour le « juste là !!!» On n'a pas tous la même notion des distances...
Le dernier ravito est là... et dont un paquet de chips. Quel régale !!! L'extase même... Un goût sur la langue... Wouaaaaaaah !!! On m'annonce qu'il ne reste plus que 5 kilomètres de plat et de descente pour rejoindre Verbier. Je suis heureux ! J'avance sur le plat comme un avion mais la descente finale sur la station est vertigineuse et j'ai une pensée pour les retardataires qui finiront de nuit au milieu des arbres et des racines... Je rentre dans le village de Verbier et je passe la ligne d'arrivée en compagnie de Samuel en 8h 05min. Je termine cette course somptueuse à la 22ème place.
Je suis content de cette expérience qui m'apportera beaucoup pour la suite de ma préparation... J'ai appris plusieurs choses sur le matériel et ce n'est que dans des conditions similaires que je peux me faire une idée. J'ai remarqué également que la marche est un facteur important dans le trail... je vais devoir axer ma préparation là-dessus.
Prochain défi prévu : 11 avril 2009 du côté d'Annecy. La distance sera de 80km pour un dénivelé plus ample encore que celui de Verbier... Cette fois-ci le départ est donné de nuit et c'est cela que je veux tester. Comment gérer l'habillement et les course de plus de douze heures ?


